Processus

SOURCES D’INSPIRATION

Penser la pratique

L’écriture de cette pièce jeune public est nourrie d’un long travail documentaire sur l’animal et le chien en particulier, ainsi que d’entretiens et de temps partagés depuis des années avec des maîtres-chiens sans- papiers rencontrés lors de la création de 81, av. Victor-Hugo avec Olivier Coulon-Jablonka et Camille Plagnet en 2015. À leurs côtés, j’ai découvert les patrouilles dans les préfectures, les centres de rétention, les tribunaux, les centres commerciaux. Leurs chiens avaient des papiers quand eux n’en avaient pas. On a souvent séparé́ les maîtres de leurs chiens pour les protéger, pour les déplacer dans des refuges et des centres pour animaux. J’ai envie d’interroger à travers cette histoire, qui emprunte autant au drame à stations qu’à la fable documentaire, nos attachements aux animaux, les politiques d’hospitalité́ qui régissent nos relations aux vivants – humains et non-humains -, la façon dont nous les regardons et dont ils nous regardent. Le projet, comme dirait Donna Haraway : « Mettre des bâtons dans les roues au projet humain d’écrire seuls cette histoire. »

PHOTOGRAPHIES

Photographie de Thomas & de Barbara Métais-Chastanier

Les photos ont nourri le travail de la scénographie et les captations de Sarah Métais-Chastanier ont nourri la bande son.

« Ils sont les invisibles, ceux que l’administration ne veut pas voir, ceux qu’on parque ou qu’on chasse, ceux qui se lèvent tôt et qui rentrent tard, qui habitent des campements ou des squats insalubres. Ils vivent ici. Ils travaillent ici. Mais ils sont privés d’espace public, évitent les lieux où sont les Blancs et ne fréquentent pas les cafés, les parcs, les cinémas ou les théâtres, par peur des rafles et des contrôles.
Parce qu’ils sont sans papiers et sans toit, ils sont sans voix et sans visage. Ils habitent une ville qui double les coutures de celle que d’autres arpentent au grand jour, librement. En mai 2015, huit d’entre eux ont pris le risque de venir en pleine lumière. Eux, ce sont les « quatre-vingts d’Auber », les habitants d’un squat situé au
81, avenue Victor-Hugo, à Aubervilliers. C’était leur adresse, c’est devenu un spectacle et l’histoire d’une lutte pour la régularisation.
Récit littéraire et enquête anthropologique, Chronique des invisibles raconte cette aventure depuis les premières inquiétudes jusqu’à l’étrange vertige du succès. Il fait le récit de cette création et de cette lutte de deux années qui les aura conduits du squat au Festival d’Avignon. Ce livre revient sur la rencontre improbable entre deux univers – celui du théâtre et de ses feux, celui de la clandestinité et du combat pour sortir de l’ombre – et sur le parcours initiatique commun qui en a découlé.
C’est un récit vivant sur les porosités de notre époque, les questionnements qu’elle précipite, la conversion du regard qu’elle exige plus que jamais de nous.
»

https://librairie-quilombo.org/chronique-des-invisibles

81 avenue Victor Hugo, pièce d’actualité d’Olivier Coulon-Jablonka, Barbara Métais-Chastanier et Camille Plagnet
Mise en scène Olivier Coulon-Jablonka