Nous qui habitons vos ruines

/sites/default/files/styles/fond-vue/public/spectacles/images/foret-dont-tous-oiseaux-sont-flammes./foret-dont-tous-oiseaux-sont-flammes.262.jpg?itok=ECLIPyZc

Nous qui habitons vos ruines

Une enquête d’après Charles Fourier / Texte et dramaturgie Barbara Métais-Chastanier
Conception et mise en scène Marie Lamachère
Avec Michaël Hallouin, Damien Valero, Laurélie Riffault ; Scénographie Delphine Brouard ; Construction, régie plateau et régie générale Thierry Varenne ; Création Lumières Franck Besson ; Costumes // Interstices et Talla ; Photographies Soraya Hocine
CREATION 2017
Scènes Croisées de Lozère, Mende Scènes Croisées de Lozère

Presse

Nous projetons un chantier menant à la création d’une pièce théâtrale à l’automne 2017, à partir des utopies socialistes et notamment à partir des textes de Charles Fourier.

Cette création est liée au processus d'enquête et de récolte mené en Lozère et ailleurs : les phalanstères imaginaires, chemins d'utopies (voir : Fabrique)

Ce chantier tourne autour de certaines idées qu’il s’agira d‘abord, pour nous, de structurer en problématiques dramaturgiques, en même temps que nous avancerons dans le travail de création proprement dit.

Ces idées les voici : la pensée et l’action politique s’articulent souvent sur des conceptions du « lieu ». Cités, territoires, nations, pays, agglomérations, régions, quartiers, départements, fédérations, cantons … L’île Utopia de Thomas More, L’abbaye de Thélème de Rabelais, La République de Platon, Le Phalanstère de Charles Fourier, La cité du Soleil de Campanella…. Que les lieux soient factuels, historiques ou imaginaires, l’organisation de l’espace, l’organisation sociale et l’organisation politique sont pensées conjointement. Le sujet politique est, du même coup, supposé être « du lieu », ou pas. Les « nomades » et « étrangers » ont, dans ces processus de subjectivations politiques, des places à part et singulièrement fragiles.

Pour commencer à travailler, et d’un point de vue méthodologique, avant d’élargir la question, nous partirons de nos propres situations.

Le théâtre est une œuvre commune : acteurs-public-passeurs. Dans cette œuvre commune, quelle pensée du commun mettons-nous en jeu ? Et quel est le lieu de notre action aujourd’hui ? Nous qui ne possédons pas de théâtre, nous qui n’occupons pas de façon durable un “territoire”... Nous qui allons de lieux en lieux, nous qui passons, dans le même temps ; nous travaillons en lien avec des hommes politiques ou des acteurs sociaux qui pensent le territoire, qui agissent dans une ville, un département, etc, pour et avec une population qui se définit, ou bien que l’on tente parfois de définir, par son « territoire d’implantation », autant que par ses ressources, ses origines, ses langues, son habitat, son travail, sa santé, ses habitudes culturelles ...

La question du lieu et celle corollaire du nomadisme seront donc centrales dans notre questionnement. Elles informent la définition du sujet comme une identité qualifiée par une culture relative à un périmètre, un espace.

Nous réfutons cette définition ou, du moins, voulons la questionner : “Mes racines ? Quelles racines ? Je ne suis pas une salade; j’ai des pieds et ils ne sont pas faits pour s’enfoncer dans le sol.” (Le Retour au Désert, Bernard-Marie Koltès). Il existe d’autres modèles de subjectivations politiques que nous aimerions interroger théâtralement.

Les mondes « imaginaires » des utopies sont les lieux où se bouscule et s’enrichie encore cette « typologie ». Les textes de Fourier sont stimulants de ce point de vue pour la place qu’ils donnent à l’imaginaire et au désir.

Selon Simone Debout, philosophe spécialiste des textes de Charles Fourier, ils élaborent un modèle de société qui est une Eu-topie, une pensée du « bon » lieu, plutôt que vision d’un lieu qui existe ou qui n’existe pas. Le principe d’Harmonie des passions, à la base du système fouriériste, « est le triomphe d’une révolte totale. Le désir humain s’y inscrit dans l’ordre des causes ».

André Breton rendait aussi hommage à Fourier dans ces termes :

« C’est ta place aux heures de fort tangage

Quand la ville se soulève

Et que de proche en proche la fureur de la mer gagne ces côteaux tout spirituels

Dont la dernière treille porte les étoiles

Ou plus souvent quand s’organise la grande battue nocturne du désir

Dans une forêt dont tous les oiseaux sont de flammes

Et aussi chaque fois qu’une pire rafale découvre à la carène

Une plaie éblouissante qui est la criée aux sirènes… »

Dans l’esprit des réflexions de Fourier, nous voulons nous appuyer, pour penser le « commun », non sur les leçons/erreurs/jugements de l’histoire passée, mais sur des désirs présents. Sommes-nous en capacité de définir nos désirs aujourd’hui quant au « commun » : comme hommes et femmes de théâtre, comme spectateurs, comme programmateurs-médiateurs-passeurs, comme habitant « de quelque part », comme êtres humains ? Il ne s’agit pas d’enchanter spectaculairement un monde trop noir, mais de nous poser la possibilité de changer ce qui nous réduit, et de construire ce qui nous manque.

Il s’agira d’un jeu, non d’une démonstration. Un jeu à partir d’hypothèses à développer et déployer et vérifier.

 

Distribution

Une enquête d’après Charles Fourier

Texte et dramaturgie  Barbara Métais-Chastanier

Conception et mise en scène Marie Lamachère

Avec : Michaël Hallouin, Laurélie Riffault, Damien Valero

Scénographie : Delphine Brouard

Construction, régie plateau et régie générale : Thierry Varenne

Création Lumières : Franck Besson

Costumes :  // Interstices et Talla

Photographies Soraya Hocine

Production

Scènes croisées de Lozère, scène conventionnée - Artistes associés
Théâtre du Beauvaisis - Artistes associés
Saisons du Lodévois et Larzac
Le Périscope, Nîmes
Théâtre Jean Vilar, Montpellier
7 Collines, scène conventionnée de Tulle

La résidence d’artistes Chemins d’utopies conduite par //Interstices, Scènes croisées de Lozère et les Saisons du Lodévois et Larzac est mise en œuvre dans le cadre du dispositif d’immersion artistique et culturelle dans les territoires, piloté par Derrière Le Hublot. Elle s’inscrit dans le projet de développement des arts vivants en Massif central (DAV), cofinancé par le Fonds national d’aménagement et de développement du territoire (FNADT) et l’Union européenne dans le cadre du programme opérationnel interrégional FEDER Massif Central.

Drac Occitanie / Pyrénées-Méditerranée (compagnie conventionnée), Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée (compagnie conventionnée)